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samedi 5 janvier 2013
mardi 11 décembre 2012
Mots & cie
Je rejoins Mehdi à la librairie
35 rue Armagnac à Carcassonne
à partir du samedi 15 et jusqu'à Noël !
Bienvenue à vous !
les mots de la vigne au lycée Charlemagne
Une expo photo et une lecture de textes sur la vigne,
au menu des élèves de Charlemagne./ Photo DDM.
au menu des élèves de Charlemagne./ Photo DDM.
La Dépêche du Midi 11/12/2012
jeudi 29 novembre 2012
dimanche 18 novembre 2012
“Pour s’éprendre d’une femme, il faut qu’il y ait en elle un désert, une absence, quelque chose qui appelle la tourmente, la jouissance, une zone de vie non entamée dans sa vie, une terre non brûlée, ignorée d’elle-même comme de vous.”
vendredi 9 novembre 2012
chez Mots & cie le 17 novembre
La Grande Bleue, de Nathalie Démoulin, raconte le destin d’une jeune ouvrière à travers les années 1970.
Un bon signe : Nathalie Démoulin a placé son roman sous les auspices d’Annie Ernaux. Avec cet exergue : « N’avoir que l’existence et elle ne suffit pas. » De l’auteure des Années, Nathalie Démoulin a retenu l’attention apportée à une femme et à sa position au sein d’une classe sociale, en l’occurrence les ouvriers. Son personnage, originaire d’un village à côté de Besançon, s’appelle Marie. Elle la suit pendant onze ans, à partir de 1967, quand la jeune fille n’a que 17 ans.
Un bon signe : Nathalie Démoulin a placé son roman sous les auspices d’Annie Ernaux. Avec cet exergue : « N’avoir que l’existence et elle ne suffit pas. » De l’auteure des Années, Nathalie Démoulin a retenu l’attention apportée à une femme et à sa position au sein d’une classe sociale, en l’occurrence les ouvriers. Son personnage, originaire d’un village à côté de Besançon, s’appelle Marie. Elle la suit pendant onze ans, à partir de 1967, quand la jeune fille n’a que 17 ans.
La Grande Bleue est aussi un retour vers ce qui a fondé Nathalie
Démoulin, ses origines sociales et familiales. Née à Besançon en 1968,
elle dédie le livre à ses parents, « qui eux aussi, avec la force et la beauté de leur jeunesse, ont vécu ces années soixante-dix ». Dans la fiction, Marie n’a pas cette « force », cette « beauté ».
Plus exactement, elle en a la promesse lorsqu’à 17 ans, avec sa copine
Delphine, elle se rend à Besançon pour la première fois en toute
liberté, sur une mobylette. Ces filles du village, qui continuent à
aller à l’école et qui, comme elles le souhaitent, ne ressembleront pas à
leurs mères, tournent le dos à leur milieu rural et conçoivent le rêve
d’« une autre vie ». Pour Marie, ce rêve est un piège.
Dès l’année suivante, 1968, Marie a un mari, Michel, et un enfant. Elle « est
enfermée dans ce temps qu’elle appelle “amour” puisqu’il faut donner un
nom à ce qu’on vit et que ce mot-là peut tout masquer, oui elle dira
“par amour” quand il faudra raconter les renoncements et l’ennui, “par
amour pour Michel” qui n’est plus jamais là, happé tout à la fois par
l’usine et par cette chose irrésistible qu’est sa vie ». La « force » et la « beauté »
de Marie ne trouvent pas à s’épanouir. Bientôt, elle aura un deuxième
enfant, elle ira travailler à l’usine (en 1972), et commencera à
s’interroger sur son existence.
Pour autant, la Grande Bleue reste étranger au misérabilisme.
Nathalie Démoulin cherche à toucher juste. En développant une dimension
sociologique (Annie Ernaux, toujours). Grâce aussi à la langue déployée.
Celle-ci a un souffle incontestable, sans être lyrique. Jouant
volontiers avec le pronom impersonnel « on », l’auteure donne du
mouvement aux tableaux collectifs (par exemple, dans la saisissante
séquence d’affrontements entre ouvriers et CRS à l’usine Peugeot de
Vesoul) ; tandis qu’elle en use aussi pour suggérer les manières
communes au monde ouvrier, ou bien le retrait de la subjectivité,
surtout de la part des femmes, devant le (conformisme du) groupe. Ainsi
Marie voit-elle Nordine, qui l’attire confusément, un travailleur
algérien, lors d’une sortie dominicale : « un homme en espadrilles et pantalon noir, appuyé à un saule […],
et sa bouche, on la connaît, elle est brune, et sa peau on ne l’a pas
touchée, elle est acajou, et ses yeux on ne sait pas ce qu’ils sont,
parfois sable aurifère, parfois paillettes d’ébène, parfois absents
telle une paroi de verre ».
La Grande Bleue donne à voir de beaux portraits de femmes qui n’ont
rien d’exceptionnel mais sont toutes singulières. Il y a l’excentrique
Simone et sa névrose de ne pas avoir d’enfant ; Nicole, dont certaines
collègues disent qu’elle sort avec un « bicot » ; Delphine, l’amie d’enfance, la « tête brûlée », l’indépendante qui s’est défiée de la vie de famille.
Surtout, il y a Marie, celle qu’à l’usine on désignera toujours comme « la bleue », « l’éternelle nouvelle, l’éternelle paumée »,
et qui a comme tout le monde des envies de plage au mois d’août (beau
chapitre de trajet embouteillé, la nuit, vers la Méditerranée dans la
voiture chargée pour les vacances). Marie est rattrapée par ses désirs
de femme et ses espoirs d’adulte jeune encore, quand tout semble
pourtant déjà joué, déjà fixé. Alors elle dit enfin « je veux », et Michel ne comprend pourquoi elle divorce pour « exister ». Ce que la narratrice interprète ainsi : « pour se donner une chance d’être la femme que l’on voit naître autour de soi, en ces années 1970 ».
Marie, dès lors, cherche une autre voie, sans aucune assurance, pendant
que sa fille aînée commence à penser qu’elle ne voudra pas, elle non
plus, ressembler à sa mère. Marie, femme fragile, mais courageuse, que
Nathalie Démoulin hausse au rang d’héroïne du quotidien.
dimanche 28 octobre 2012
y être, absolument !
Rencontre avec Alexandre Bergamini
librairie Mots et cie
à Carcassonne
le 3 novembre à 10h30
Lecture avec valérie schlée
"Sang damné" aux éditions du Seuil est en librairie
Convoquant
les fièvres et la mémoire collective, j’ai voulu confronter l’intime au
clinique, mon histoire singulière avec l’Histoire, au travers des camps
nazis, d’une radiographie des trente premières années de l’épidémie du
SIDA, des procès du sang contaminé, de ceux que j’ai rencontrés, aimés,
délaissés et qui ont péri lors de l’hécatombe, ou qui y survivent comme
moi, comme nous tous.
J’ai
tenté d’user de toutes les armes contre l’ennemi invisible et la
bêtise, et je me suis risqué à les combattre, défendu par une langue
exsangue et mise à nue. Sang damné est devenu l’aboutissement d’un cycle infernal, sa fin.
Cargo mélancolie
Cargo mélancolie est un journal de bord poétique en deux voyages :
Hanté par la mort de son frère, le narrateur embarque sur un vieux cargo russe pour une traversée de la Mer Baltique aux Tropiques en passant par le Canal de Suez et la Mer Rouge :
« un billet-aller
pas de retour
retrouver l’ailleurs
un paysage que je porte… »
Un voyage chaotique d’un homme à la dérive où ses tourments intérieurs liés aux variations brutales de lumière et de température dans un paysage en perpétuelle mouvance imprègnent ses écrits d’une poésie sauvage d’une grande beauté.
Dans les flots parfois déchaînés, seule l’errance des oiseaux de toute espèce, des pélicans du Yemen aux fous de Bassan de l’Océan Indien, est familière.
Hanté par la mort de son frère, le narrateur embarque sur un vieux cargo russe pour une traversée de la Mer Baltique aux Tropiques en passant par le Canal de Suez et la Mer Rouge :
« un billet-aller
pas de retour
retrouver l’ailleurs
un paysage que je porte… »
Un voyage chaotique d’un homme à la dérive où ses tourments intérieurs liés aux variations brutales de lumière et de température dans un paysage en perpétuelle mouvance imprègnent ses écrits d’une poésie sauvage d’une grande beauté.
Dans les flots parfois déchaînés, seule l’errance des oiseaux de toute espèce, des pélicans du Yemen aux fous de Bassan de l’Océan Indien, est familière.
Les êtres rencontrés lors des brèves escales dans des terres souvent en
guerre souffrent de la pauvreté mais emprunts d’une grande humanité
alors que le narrateur se sent « misérable ».
Le deuxième voyage au Cap Nord est celui de l’éblouissement dans les couleurs et l’acceptation de la perte « Aucun lien n’est rompu ».
La force de ce court roman tient dans la poésie rageuse des mots et dans le vocabulaire emprunté au langage du corps pour une traversée maritime intérieure.
Le deuxième voyage au Cap Nord est celui de l’éblouissement dans les couleurs et l’acceptation de la perte « Aucun lien n’est rompu ».
La force de ce court roman tient dans la poésie rageuse des mots et dans le vocabulaire emprunté au langage du corps pour une traversée maritime intérieure.
In La fabrique à rêves
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